Le deuil (du latin Dolium qui signifie Douleur) est une expérience humaine universelle que chacun devra traverser plusieurs fois dans sa vie. 

Souvent associé au décès d’un être cher, le deuil, de manière plus générale, est le phénomène psychologique qui suit une perte importante et irréversible. Il peut s’agir du décès d’un proche ou d’un animal de compagnie, d’une rupture amoureuse, du départ de la maison des enfants, de la perte d’un emploi, de l’abandon d’un projet comme celui d’avoir des enfants, d’un départ à la retraite, de la vente de la maison de famille, de la fin d’une carrière sportive ou encore de la survenue d’une maladie ou d’un handicap qui amène à faire le deuil de la vie en bonne santé.

Très souvent, un deuil en cache de nombreux autres, par exemple une rupture amoureuse amènera à faire le deuil de l’être aimé, de la famille unie, des projets communs, de la maison, du chat…

Dans tous les cas, le but ultime du deuil est l’acceptation que l’être, la situation ou l’objet perdu ne reviendra pas, afin de de pouvoir reprendre sa vie et se reconstruire.

Le modèle du deuil de Elisabeth Kübler-Ross

Elisabeth Kübler-Ross [1] propose l’idée que le deuil est un processus en 5 étapes qui se succèdent, 5 phases émotionnelles traversées avec plus ou moins de difficulté par toute personne confrontée à la mort d’un proche.

Les cinq étapes identifiées sont le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation. Ces étapes peuvent varier dans leur ordre et leur intensité, certaines peuvent ne jamais apparaître.

Ce modèle peut être une boussole très utile pour la personne en deuil afin de lui permettre de mieux comprendre ce qu’elle vit et où elle va.

Le deuil, une expérience singulière

L’expérience du deuil est une expérience à la fois universelle et profondément singulière. Son déroulement dépend de la personnalité, de l’histoire et de la culture de chacun mais aussi de la qualité de la relation avec la personne perdue et de la brutalité du décès.

Dans son poème “Demain dès l’aube” [2], Victor Hugo exprime de manière très personnelle son expérience de père endeuillé suite au décès tragique de sa fille Léopoldine. Ce témoignage montre comment, dans cette expérience terrible, tout s’efface, le monde extérieur, le temps, soi-même ne laissant place qu’au chagrin. 

Même si chaque deuil est différent, je retrouve souvent dans le discours de mes patients et de mes patientes : 

  • Une tristesse profonde et une grande détresse psychologique. Il y a souvent un effet de montagnes russes émotionnelles, avec des hauts et des bas. Dans certains cas, la souffrance est insupportable et le risque de dépression est réel, des idées noires peuvent surgir avec le sentiment qu’il serait plus simple de tout abandonner, il est alors urgent d’obtenir l’aide d’un professionnel (psychiatre ou psychologue).
  • Un ralentissement général cognitif et comportemental avec une grande apathie, des moments d’absence, des gestes lents.
  • Une perte d’appétit et une dégradation de la qualité du sommeil qui participent à enfoncer la personne dans son expérience douloureuse.
  • De la culpabilité lorsque la personne regrette de ne pas avoir fait les choses “correctement”. En consultation j’entends souvent des phrases comme “Si j’avais fait autrement tout cela ne serait pas arrivé”, “J’aurais dû passer plus de temps avec elle”.
  • De la colère lorsque la situation est perçue comme injuste.
  • Un phénomène de déni durant lequel notre cerveau fonctionne comme si la personne était encore là, par habitude. Dans ces moments, on peut imaginer l’entendre descendre les escaliers, attendre qu’elle rentre du travail pour manger ou encore avoir envie de l’appeler. Le retour à la réalité est à chaque fois un nouveau choc, source de souffrance.
  • Un phénomène de dissociation (anesthésie émotionnelle).
  • Un sentiment de désorientation, d’incompréhension.
  • Un sentiment de vide profond, de solitude, de perte de sens.
  • La peur de l’avenir et le sentiment de ne pas être capable d’y faire face.
  • Une perte d’estime de soi lié au départ de l’autre – “Je ne vaux rien sans elle”.
  • La peur du regard des autres (pitié) et la crainte de devenir un fardeau pour les proches.
  • Dans certains cas (ruptures amoureuses par exemple), un sentiment d’échec, de gâchis, de retour à zéro ou de la répétition de schémas du passé lorsque plusieurs événements similaires se succèdent.

Tout cela est normal ! Le deuil est une expérience qui peut être profondément douloureuse et qui peut nous envahir tout entier, nous laissant dans un état de désorientation et de souffrance totales.

Que peut-on faire alors ?

Avant tout il ne s’agit pas d’essayer d’aller mieux tout de suite, la souffrance est une composante normale et inévitable du deuil. Le plus utile est d’accepter que l’on est en souffrance tout en essayant de ne pas sombrer complètement.

Même s’il ne faut pas trop en faire, certaines choses peuvent faciliter le déroulement du deuil : 

  • Se nourrir et dormir correctement.
  • Vivre un jour après l’autre. L’avenir fait peur, il est trop incertain – avancer pas à pas en se concentrant sur le présent est rassurant. 
  • Garder le lien social, partager son expérience et ses émotions avec ses proches. Les personnes ayant vécu une expérience similaire sauront d’autant mieux vous écouter et vous comprendre. 
  • Faire des balades en pleine nature. De nombreuses études [3][4] montrent que l’activité physique et le contact avec la nature diminuent l’anxiété et les risques de dépression.
  • Continuer de prendre soin de soi et de son “chez-soi”. 
  • Exprimer son mal-être au travers d’une activité artistique ou la tenue d’un journal.
  • Porter volontairement son attention sur les petites choses qui font du bien. 
  • Enfin, vers la fin du deuil, lorsque c’est possible et approprié (après une rupture amoureuse par exemple), commencer à envisager les aspects positifs de la situation : nouvelles opportunités, découverte de soi…

Il est fondamental de respecter ses possibilités du moment, de faire ce que l’on peut, à son rythme et surtout de ne pas se culpabiliser de ne pas en faire assez… il s’agit d’être bienveillant envers soi-même !

Quand le deuil devient pathologique

Le deuil est une épreuve de vie douloureuse qui se résout principalement grâce au travail du temps, sa durée peut varier de quelques semaines à 2 ans. 

Cependant, dans certains cas, le processus de deuil se grippe et la personne reste bloquée dans sa souffrance ; on parle alors de deuil pathologique. Dans ce cas, il est nécessaire de faire appel à un professionnel (psychiatre, psychologue, hypnothérapeute et autres médecines complémentaires) pour surmonter cette épreuve.

L’hypnose et l’EFT-H pour soulager et avancer

L’hypnose et l’EFT-H peuvent être très utiles pour accompagner une personne endeuillée, que le deuil soit pathologique ou non et qu’il s’agisse du décès d’un proche ou d’une perte au sens plus large. Il ne s’agira pas de faire disparaître la douleur ou d’oublier l’évènement comme par magie mais de soulager là où c’est possible et de s’assurer que cette épreuve se déroule de la meilleure manière possible.

L’accès à un état modifié de conscience et les techniques de libération émotionnelle peuvent permettre : 

  • D’améliorer le sommeil afin de pouvoir se reposer et retrouver des ressources pour faire face à la situation.
  • De calmer l’anxiété en particulier par l’apprentissage de l’autohypnose qui permet de faire le plein de bonnes choses régulièrement chez soi, en toute autonomie.
  • De se libérer de la tristesse et de la culpabilité en allant à la rencontre de la personne perdue au travers d’une expérience imaginaire qui permettra de dire ou faire des choses que l’on regrette de ne pas avoir pu réaliser à temps.
  • De se libérer de la colère en faisant un travail de réinterprétation de la situation lorsque celle-ci est perçue comme injuste.
  • De se libérer de la peur de l’avenir en y faisant face à travers des expériences imaginaires qui permettront de prendre conscience de ses ressources, d’exercer ses compétences et au final de reprendre confiance en soi.

Un accompagnement de la fin de vie (avant le décès) peut également apporter un grand soulagement :

  • Pour la personne qui va partir : en l’aidant à retrouver du sens à sa vie, en la rassurant sur le fait que les personnes qu’elle va laisser derrière elle sauront reprendre leur vie après son départ…
  • Pour les personnes qui l’accompagne : en leur apportant des moments pour se ressourcer durant cette période éprouvante, en commençant à les aider à envisager la vie sans l’autre…

Que ce soit en période de deuil ou en préparation d’un deuil à venir, l’hypnose et l’EFT-H peuvent aider à soulager la souffrance et retrouver de la sérénité en proposant des outils efficaces mis en œuvre au travers d’un accompagnement adapté au rythme, aux ressources et aux difficultés de chacun. L’expérience montre qu’une à trois séances sont suffisantes dans la majorité des cas pour apporter un mieux-être très significatif.

Références bibliographiques

[1] E. Kübler-Ross (1969). Les derniers instants de la vie. Labor et Fides.

[2] V. Hugo (1856). Demain dès l’aube. Les Contemplations, IV. Gallimard.

[3] Exemple de méta-analyse montrant les bénéfices du contact avec la nature sur l’anxiété et la dépression : Jenkin, R., Egerer, M., & Whyatt, J. D. (2025). Effect of nature-based health interventions for individuals diagnosed with anxiety, depression and/or experiencing stress: systematic review and meta-analyses.

[4] Exemple de méta-analyse montrant les bénéfices de l’activité physique sur l’anxiété et la dépression : Schuch, F. B., et al. (2018). Meta-analysis: Exercise and anxiety and depression in non-clinical populations. Psychological Bulletin, 145(5), 505–525.