La peur, une fonction adaptative fondamentale

La peur est une émotion tout à fait normale et utile qui permet de nous préparer face à un danger. Elle entraîne une réponse physiologique notable : augmentation des rythmes cardiaque et respiratoire, écarquillement des yeux, meilleure oxygénation des membres inférieurs et supérieurs, libération d’adrénaline… la peur met ainsi le corps en tension, il est prêt à combattre ou à fuir.

La peur « normale » et ses effets physiologiques se calment naturellement une fois le danger écarté.

La peur est aussi à l’origine de la prudence et de la vigilance qui nous permettent d’éviter les dangers : ne pas s’approcher d’un précipice, conduire à une vitesse raisonnable, regarder avant de traverser la route… La peur est donc une fonction de survie fondamentale qui nous permet aujourd’hui d’être là pour en parler !

Les troubles anxieux

« La peur n’empêche pas de mourir, elle empêche de vivre » Naguib Mafouz

Certaines personnes ont des manifestations exagérées de la peur, elle devient alors un handicap et une souffrance, on parle alors de troubles anxieux.

Selon un rapport de l’INSERM (2021), les troubles anxieux font partie des troubles psychologiques les plus fréquents avec 21% de la population concernée au moins une fois dans la vie ; les femmes sont deux fois plus touchées que les hommes. Ce chiffre est en augmentation de presque 4% depuis les 5 dernières années (https://www.inserm.fr/dossier/troubles-anxieux/).

Il existe de nombreuses formes de troubles anxieux :

⬩ Les phobies spécifiques : insectes, vide (vertige), eaux profondes, peur du noir, sang/hôpitaux/dentiste, lieux clos (claustrophobie)…

⬩ L’agoraphobie : peur des situations d’où il serait difficile de sortir ou d’être secouru en cas de malaise. Par exemple : l’autoroute, les grands espaces naturels, les lieux publics, les concerts,…

⬩ Attaque de panique : montée soudaine et irrépressible d’une peur intense sans déclencheur spécifique. Souvent associée à l’agoraphobie

⬩ Le trouble d’anxiété sociale (phobie sociale) : préoccupation excessive par le jugement des autres

⬩ Le trouble anxieux généralisée : anxiété latente sans origine connue

⬩ Le Trouble Obsessionnel Compulsif (TOC) et les phobies d’impulsion

⬩ Le trouble d’anxiété de séparation : crainte de perdre un proche

Le Syndrome de Stress Post Traumatique (SSPT)

L’anxiété, un déficit de confiance en soi

Contrairement à la peur qui est une émotion « normale » générée par un danger réel, l’anxiété est une sensation diffuse et permanente sans déclencheur précis que l’on retrouve en trame de fond de tous les troubles anxieux.

L’anxiété est le produit d’une exagération des risques et d’un manque de confiance en ses capacités à faire face.

Les origines de l’anxiété

Les origines les plus communes de l’anxiété sont:

⬩ Un climat familiale anxieux durant l’enfance. Les parents anxieux peuvent, malgré eux, amener l’enfant à penser que le monde est dangereux avec le risque qu’il devienne anxieux à son tour

⬩ Une surprotection qui ne permet pas à l’enfant de prendre conscience et de développer ses capacités à faire face aux évènements de la vie

⬩ Les évènements traumatiques qui fragilisent profondément l’individu

Travailler à un niveau inconscient avec l’hypnose

Comme présenté dans l’article « Gestion des émotions et hypnose » une approche à un niveau inconscient est particulièrement recommandée pour le travail sur les émotions et notamment l’anxiété ; c’est ce que propose l’hypnose.

Le travail en hypnose peut se faire de nombreuses manières, en voici quelques exemples :

⬩ Créer des lieux ressources et installer des états de détente profonds facilement ré-activables après la séance grâce à des ancrages

⬩ Transférer des compétences disponibles dans certaines situations ressources à des situations où le sujet en a besoin. Par exemple, pour un cas d’anxiété au travail, transférer la compétence « se sentir à l’aise » comme à la maison (situation ressource) au travail (situation besoin)

⬩ Exposer progressivement à la situation ou à l’objet phobique sous hypnose. Par exemple, dans le cas d’une peur de parler en public, s’imaginer parler devant une personne connue, puis une personne inconnue, puis un petit groupe de personnes inconnues puis un grand groupe de personnes inconnues qui posent des questions difficiles, puis….

⬩ Réajuster le processus inconscient de la peur à un niveau adapté à la situation. Par exemple, pour une phobie de la route, réduire le niveau de peur à un niveau confortable tout en maintenant un degré de prudence raisonnable

⬩ Utiliser la réification qui consiste à imaginer l’émotion (abstraite) comme une chose concrète que l’on peut modifier afin d’en changer notre perception. Par exemple, si la peur est ressentie comme « un étau qui serre la poitrine », imaginer desserrer cet étau sous hypnose permet de réduire la peur

⬩ Faire un travail émotionnel sur des évènements traumatiques passés

⬩ Améliorer la qualité du sommeil qui influence très souvent le niveau d’anxiété (et vice versa). Vous pourrez découvrir comment l’hypnose peut vous aider à mieux dormir dans l’article « Troubles du sommeil et Hypnose »

Afin d’obtenir les meilleurs résultats et de limiter le nombre de séances, le praticien adapte son intervention à chaque personne et à chaque motif de consultation. En général, 1 à 3 séances d’hypnose permettent des améliorations notables, néanmoins certains troubles anxieux peuvent nécessiter un accompagnement plus progressif et plus long où l’apprentissage de l’auto-hypnose peut être bénéfique.

L’auto-hypnose

L’auto-hypnose est un outil efficace particulièrement recommandé pour certains troubles anxieux tels que l’agoraphobie et l’anxiété généralisée. En rendant la personne plus autonome dans la gestion de ses émotions, l’auto-hypnose lui permet de reprendre confiance en ses capacités propres à faire face et à dépasser son trouble.

Avertissement

L’hypnose est une pratique complémentaire à la médecine, elle ne se substitue en aucun cas à un diagnostic, un avis ou un traitement médical. Ne modifiez en aucun cas un traitement médical sans l’avis d’un médecin.